Questions au coach

Interview de Jan Prochazka à l'aube de la saison

Jan, sans trop entrer dans les détails pour le moment, qu’as-tu pensé de ce camp d’entraînement des Scorpions ?
La préparation a été courte, nous avons donc tenté de travailler le plus intensément possible. J’ai dû apprendre à connaître, et reconnaître, les joueurs, découvrir leur niveau de préparation physique et leurs aptitudes techniques. Je pense qu’on a plutôt bien réussi cette phase. Je vois un beau potentiel et de la puissance dans cette équipe. Nous avons encore beaucoup de choses à améliorer, ça prendra un peu de temps. Le plus important est que nous ayons la bonne attitude. Chacun doit savoir ce qu’il doit améliorer individuellement, et ce que l’on doit améliorer collectivement.

Après toutes ces années avec un poste d’entraîneur vidéo, comment te sens-tu aujourd’hui avec cette casquette d’entraîneur-chef ?
Je suis toujours un peu déçu que l’on me présente uniquement comme coach vidéo. J’ai aussi été entraîneur-assistant pendant trois saisons en équipe nationale tchèque, j’ai été de nombreuses années entraîneur-chef dans les équipes juniors à Pardubice qui est un club d’Extraliga, et j’ai aussi été recruteur ou consultant dans ce club. C’est vrai que c’est un nouveau pays pour moi, et surtout je suis seul sur le banc. Mais je me sens bien dans ce rôle, ça me plaît. Je sens que je peux utiliser mes douze années d’expérience et les connaissances acquises. J’ai côtoyé de nombreux entraîneurs différents, j’ai pu voir de différentes façons de travailler. Je discute aussi fréquemment avec mon frère qui entraîne dans une université à Edmonton, au Canada, ou avec mon père qui a aussi longtemps entraîné.

Les Scorpions ont disputé six matches de préparation. Qu’as-tu pensé du niveau des adversaires pendant ces rencontres ?
J’ai trouvé le programme intéressant, en commençant par deux équipes de troisième division suisse (Bâle et Franches-Montagnes, NDLR). Nous avons ensuite affronté des équipes de niveau supérieur, avec Strasbourg et Epinal qui évoluent en Ligue Magnus, et aussi Freiburg qui nous a donné une très forte opposition. C’était idéal pour découvrir nos forces et nos faiblesses. J’ai été agréablement surpris de nous voir bousculer ces équipes. Les deux victoires en prolongation contre Strasbourg sont bénéfiques pour la confiance. Ça a été un peu plus dur face à Epinal, on a vu sur ce match ce qui nous manquait même si dans certains compartiments du jeu nous avons pu rivaliser.

Les Scorpions ont marqué autant de buts qu’ils en ont encaissé (treize, NDLR). On a vu un aspect défensif plutôt bien maîtrisé, et offensivement des occasions de but, mais des difficultés dans la finition. Quel est ton avis à ce sujet ?
C’est une question épineuse. Défensivement c’est sûr que, mis à part le dernier match, les défenseurs et les gardiens ont été parfaits. J’ai été très content de ce que j’ai vu. Mais une bonne défense ce n’est pas que le travail des arrières. Une équipe de hockey défend à cinq. Le travail défensif des attaquants, notamment sur l’échec-arrière, est important. Je pense que l’on est aussi fort défensivement qu’offensivement, nous nous sommes procuré énormément d’occasions de but à chaque match, nous avons énormément tiré à la cage. Malheureusement la finition a été plus compliquée. On a parfois cherché à faire la passe de trop, vouloir le trop beau jeu. Nous avons des joueurs talentueux pour que l’on ait la possession de la rondelle, pour que l’on crée des chances de but.

Qu’attends-tu des joueurs pour qu’ils connaissent une saison remplie de succès ?
On a fait pas mal de team-building au début de la préparation, on a fait le maximum pour connecter les joueurs entre eux. On a différentes nationalités dans le vestiaire, c’est donc un travail important. J’espère que les joueurs le comprennent et vont continuer à travailler cela. Je pense que c’est une des choses majeures pour connaître du succès.

Tu as dès le début dit vouloir proposer un hockey spectaculaire aux supporters mulhousiens. Maintenant que tu as pu voir tes joueurs à l’œuvre, penses-tu avoir les outils pour proposer ce spectacle ?
Oui tout à fait ! Nous avons les joueurs pour le faire. Je pense qu’on a déjà commencé à le faire pendant les matches de préparation. À chaque match nous avons créé de nombreuses chances de marquer. On tirait au but, on a mis la pression sur nos adversaires. Il ne nous manquait que l’efficacité pour conclure les actions jusqu’à présent. À nous de travailler sur ces points-là, si on augmente notre efficacité au tir ce sera bon.

Après trois semaines à s’entraîner en mode préparation de la saison, est-ce que l’approche change cette semaine à l’aube du championnat ?
Oui totalement. On a eu trois semaines avec plusieurs entraînements par jour et un total de six matches. On passe maintenant à un rythme d’un match chaque samedi. C’était la première semaine traditionnelle d’entraînement, avec un programme semblable à ce que l’on suivra tout au long de la saison.

Es-tu satisfait des lignes que tu vas utiliser pour débuter le championnat, ou penses-tu que tu peux encore trouver de meilleures combinaisons ?
J’ai essayé de mélanger un petit peu les lignes et surtout de trouver les meilleures associations pour bien intégrer nos recrues. Certaines associations ont mieux fonctionné que d’autres, mais c’est aussi à cela que servent les matches de préparation. J’ai une vision plus claire des choses désormais et je pense que les lignes avec lesquelles nous débuterons seront optimales. Mais tout reste ouvert et des choses peuvent bouger pendant la saison selon les performances des uns et des autres, ou encore à cause des blessures.

Les Scorpions disputeront leur premier match de la saison à la maison. Est-ce important de commencer à l’Illberg ?
Le début de saison est toujours important. C’est important pour la confiance de l’équipe, c’est important pour envoyer un message à nos supporters aussi. C’est encore plus important dans notre championnat. La saison régulière est courte avec seulement vingt-six matches. C’est comme courir un 100 mètres. Il faut être très concentré pour prendre un bon départ. Notre leitmotiv cette semaine est « own the start line ».

La Roche-sur-Yon a débuté sa saison samedi dernier. Ils se sont inclinés à domicile face à Nice (0—3). Est-ce que cela va influencer la préparation de la rencontre ?
Non. On se concentre d’abord sur nous-mêmes. Je t’avouerai que je ne connais pas encore assez le championnat et les autres équipes pour trop m’occuper de nos adversaires. En tout cas, nous avons une équipe forte et nous devons donner notre meilleur. Si nous le faisons, nous gagnerons les matches. 

Pour conclure, souhaites-tu adresser un message aux supporters avant le grand rendez-vous de samedi soir ?
Mon expérience avec les fans est excellente jusqu’à présent. Même si ce n’était que des matches de préparation, il y avait du monde dans les tribunes ! Je ne m’attendais pas à ça en plein mois d’août, avec un temps estival. J’espère bien sûr voir les tribunes encore plus remplies en championnat. Nous avons besoin du soutien de nos supporters, même pour moi c’est agréable à ressentir. Compte-tenu du style de jeu que nous voulons pratiquer, nous aurons encore plus besoin de ce soutien. Encouragez-nous, soyez bruyants ! Ça nous pousse vraiment, ça nous aide à être dans le meilleur rythme. Parfois les matches ne tourneront pas en notre faveur, vous aurez là aussi votre rôle à jouer pour nous aider à inverser la tendance !

Propos recueillis le lundi 7 septembre 2015

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