L’oeil de Christer

Interview à l'approche du dernier tiers du championnat

Bonjour Christer. Les Scorpions terminent actuellement deux semaines sans match, avec une trêve internationale. Cette longue coupure est-elle une bonne chose selon toi ?
Je pense que cette fois ce n’est pas trop mal tombé. On a donné plusieurs jours libres aux joueurs, certains étrangers sont même brièvement rentrés chez eux. C’était bien pour récupérer physiquement et mentalement. La difficulté se trouve surtout dans la reprise de la compétition, c’est parfois difficile de remettre la machine en route.

Il y a eu pas mal de mouvement dans l’effectif depuis le début de la saison. Comment l’expliquer ?
Il y a de nombreuses explications à cela. Déjà, ce qu’il nous était possible de faire au mois d’avril et au mois d’août n’avait plus rien à voir. On redécouvre aussi le championnat, son niveau et du coup on remarque au fur et à mesure certains besoins, certaines lacunes dans l’effectif donc on essaie de corriger le tir. On voit bien que trouver la perle rare n’est pas facile une fois la saison commencée, encore plus dans notre situation. Lorsque tu es promu, dixième au classement dans un championnat pas forcément connu à sa vraie valeur, et dans une ville peu reconnue dans le monde du hockey… ce n’est pas forcément le plus attractif à l’internationale. Malgré quelques beaux CV et de bons retours, il y a eu des échecs. Je précise tout de même que si ça n’a pas marché sportivement pour certains, on n’a rien eu à redire au niveau extra sportif. Certains pourraient extrapoler et y voir des problèmes dans le vestiaire, mais non. L’ambiance est bonne, et les joueurs continuent à travailler fort.

Peux-tu nous dire un petit mot sur les trois derniers mouvements en date ?
Pour commencer, nous comptions sur Jesse Jyrkkiö pour être dans nos trois, voire quatre meilleurs défenseurs compte-tenu de son parcours. Ce n’était pas le cas donc on ne trouvait pas justifié de le conserver.
Pierrick Hoehe est un produit du cru alsacien, il était proche de signer chez nous à l’été 2016. Aller à Nice en SAXOPRINT Ligue Magnus l’avait tenté. Il a eu du temps de jeu la saison passée, un peu moins cette saison avec une défense très fournie chez les Aigles. Il souhaitait se rapprocher de l’Alsace donc les deux clubs et le joueur ont travaillé en toute intelligence pour rendre cela possible. Il va nous apporter de la profondeur en défense.
Côté gardien, on dispose déjà d’une bonne paire avec Sébastien et Mika, mais on a perdu pas mal de matches d’un seul but. Sans que ce soit de la responsabilité de nos gardiens. On pense qu’avoir un peu plus de possibilités et de concurrence à ce poste en cette fin de saison pourrait faire pencher la balance du bon côté maintenant que la possibilité d’agir sur ce poste s’est présentée. Avec seulement deux gardiens, on se serait aussi exposé pour la fin de saison en cas de blessure ou méforme. On est donc ravi d’avoir engagé Martin Surek, qui a bonne réputation en Slovaquie et a connu une excellente saison dernière avec Poprad.

À partir de samedi c’est un gros calendrier qui se présentera à l’équipe. Elle disputera treize matches jusqu’à la fin du mois de janvier. Comment abordez-vous cette période ?
Nous sommes maintenant dans une situation où nous devons aborder chaque match l’un après l’autre. Notre saison a été frustrante jusque-là. On a commencé avec beaucoup de matches serrés, souvent perdus d’un but, et la plupart de nos victoires l’étaient après prolongation. On se sentait proche de tous nos adversaires, pour un promu c’était bien. Mais après, on n’a pas eu le déclic pour transformer ces courtes défaites en victoires. On a pris une première claque contre Strasbourg à l’Illberg, on était vraiment mécontent au sortir de ce match. On était peut-être arrivé, inconsciemment, trop confiants, avec trop peu de respect vis-à-vis de l’adversaire en raison des trois victoires précédentes face à eux. Ils ont parfaitement mérité leur victoire. La satisfaction est que, hormis un ou deux matches, les matches à domicile sont toujours disputés, les joueurs mouillent le maillot et vont au combat. On a montré du caractère, mais malheureusement ça ne s’est pas matérialisé par une série de victoires.
On est maintenant arrivé dans une phase où l’on a donc décidé de se concentrer sur chaque match l’un après l’autre, on ne parle plus d’un quelconque objectif et notre focus se place sur notre prochaine prestation. Si ce n’est de continuer à construire ce club, de l’inscrire dans la durée en élite. Et pour y parvenir, il va falloir gagner des matches. Si l’on se focalise trop sur le classement, on court le risque de finir la saison régulière avec une chape de plomb sur les épaules.

Malgré les résultats, on voit que l’équipe a progressé depuis le début de saison…
On travaille par thème et on arrive à améliorer certains points. Le travail paie, même si parfois tout le monde n’arrive pas à le voir. On a commencé la saison en prenant énormément de pénalités, on a su corriger le tir et l’équipe est désormais beaucoup moins pénalisée. On a aussi travaillé sur le jeu en zone défensive. Je pense qu’on a bien progressé en penalty killing, sur le powerplay également. Il faut maintenant que l’on arrive à trouver une spirale positive, à assembler tous ces éléments simultanément et tout au long d’une même rencontre, afin de lancer une série de bons résultats pour gagner en confiance.

La Ligue Magnus se structure, c’est une évidence. Si l’on s’en tient au sportif, as-tu été surpris de la hausse de niveau depuis 2013 ?
Ça n’a rien à voir, c’est supérieur. Le niveau de jeu est bon. Les caractéristiques de notre championnat sont surtout la vitesse et l’intensité. Les Français sont de très bons patineurs. Il y a aussi de très bonnes individualités. Les clubs, à l’exception des gros peut-être, ne construisent toutefois pas encore les équipes en donnant vraiment un rôle précis à chacun, en signant des profils moins clinquants mais excellents dans un domaine bien précis et pas forcément mis en lumière. De mon point de vue c’est la prochaine étape pour former des équipes plus athlétiques, intenses et complémentaires. Il reste encore cette ancienne culture de recruter les meilleurs joueurs possibles. Je pense toutefois que les nouveaux joueurs sont bluffés par le niveau et la vitesse en arrivant dans cette ligue.

Comment a évolué ta façon de fonctionner avec ton assistant, Erwan Agostini, depuis le début de votre collaboration cet été ?
Ça se passe bien, on s’est découvert en début de saison puis on a un peu adapté la répartition des séances dirigées par l’un ou par l’autre, par exemple. Erwan coache la défense pendant les matches, il s’occupe des infériorités numériques. Je m’occupe du coaching global, du powerplay. Erwan travaille beaucoup avec la vidéo, sur le plan individuel comme collectif. C’est très important, ça permet de clairement détailler certaines consignes aux joueurs.

Quel message souhaites-tu adresser aux supporters qui liront cette interview ?
Je leur souhaite avant toute chose de joyeuses fêtes de fin d’année. Je voudrais également les encourager à faire bloc autour de leur équipe. Venez à la patinoire, venez soutenir les joueurs et faisons avancer tous ensemble le hockey mulhousien. Nous avions terminé la saison passée sur la satisfaction du titre de Division 1. Nous avons besoin de vous pour terminer cette saison sur la satisfaction du maintien en Ligue Magnus !

L’oeil de Christer

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