L’oeil de Christer

Le coach nous donne son regard sur l'intersaison

Christer, peux-tu nous donner, avec du recul, tes impressions sur la saison passée ?
Notre succès est le fruit du travail que nous avons entrepris depuis notre dernière descente de Ligue Magnus. On a structuré le club, renforcé l’équipe et le staff chaque année. On a également fait de nombreux changements avant la saison dans des domaines clés : des leaders comme notre capitaine, le poste de gardien, des joueurs très talentueux et matures, et de manière générale, des joueurs avec une très bonne attitude et une mentalité irréprochable. Ce groupe était vraiment focalisé sur la performance individuellement comme collectivement, prêt à se remettre en cause par du travail quotidien. On a aussi très bien évolué au niveau structure et fonctionnement autour de l’équipe ces dernières saisons notamment avec de nouvelles installations et des intervenants extérieurs qui nous ont aidé à nous améliorer, tout simplement nous professionnaliser. Ce fût un vrai plus. À côté de cela, on a une colonne vertébrale très solide dans le vestiaire avec un staff fidèle au poste depuis des années qui assure quotidiennement très bien avec une connaissance et un investissement irréprochable. Ensuite, il faut avouer que la réussite a été de notre côté avec une équipe de Briançon qui semblait taillée pour la montée et qui a loupé ses play-offs. Les Diables Rouges et l’Hormadi nous semblaient être nos adversaires les plus dangereux. Une fois la demi-finale gagnée contre Anglet, qui est certainement le club de D1 le mieux structuré, nous avions fait une belle partie du chemin.

Ça représente quoi pour toi de retrouver une nouvelle fois la SAXOPRINT Ligue Magnus ?
Je pense très sincèrement que Mulhouse a sa place dans cette ligue. Si tu me poses la question à moi, je ne suis pas inquiet de jouer dans ce championnat. Quand je vois notre organisation et tout ce qui entoure l’équipe, je crois vraiment que nous avons les cartes en main. Nous avons vraiment quelque chose de bien en place, mais il nous faut maintenant encore plus nous professionnaliser et surtout pérenniser dans la durée, ce que nous faisons. Cela fait d’ailleurs parti du cahier des charges de la SAXOPRINT Ligue Magnus. En effet avec des matches tous les deux, trois jours et environ soixante matches sur la saison, on ne pourra plus fonctionner différemment.
Néanmoins, il faut aussi être conscient que nous serons des promus. Même si notre effectif est très intéressant, nous allons découvrir cette ligue et nous allons certainement galérer des fois. Prenons l’exemple de Chamonix-Morzine, deux clubs très expérimentés, l’an passé qui avait fait un très bon recrutement, mais cela n’a pas suffi. Cela montre que l’esprit et le fonctionnement sont primordiaux pour notre réussite à court terme alors que la structuration et pérennisation le sont afin de nous installer durablement en SAXOPRINT Ligue Magnus.
L’autre inconnue, ce sera le fait de jouer une saison avec quarante-quatre matches de saison régulière. Ce sera nouveau pour nous tous. Ce rythme fait qu’on enchaine quasiment uniquement de la préparation et récupération. Il est donc très important de disposer d’un effectif et d’un staff le plus complet et homogène possible.

On parle beaucoup des onze nouveaux joueurs, mais tu as voulu gardé un noyau solide de douze joueurs de la saison passée.
Oui, ce groupe qui a obtenu la montée mérite de participer à la saison à venir. En fait, à part l’un ou l’autre joueur qui avaient d’autres projets personnels, on aurait pu monter avec cette équipe. Néanmoins, il aurait été naïf de tenter le coup de la sorte. Ceux qui sont restés ont toujours bien rempli leurs rôles et je pense sincèrement qu’ils auront leur place dans ce nouveau championnat. Je trouve que nous avons un effectif complet et homogène sur quatre lignes. Si on compare à notre dernière montée, nous avions peut-être misé trop sur la première ligne alors que cette fois-ci, je pense qu’on aura bien moins d’écart de niveau entre les lignes et surtout une profondeur de banc nécessaire à ce niveau. Notre équipe sera plus équilibrée et il ne faut pas oublier nos jeunes qui représenteront une cinquième ligne. Cela répond à un triple objectif. Ces jeunes joueurs pourront intégrer les entraînements sans problème et, pourquoi pas, parfois jouer quelques rotations avec l’équipe des Scorpions. Ils nous aideront également à lancer l’équipe U20 qui est très importante pour compléter notre formation. Nous nous améliorons vraiment grâce aux entraîneurs des jeunes. Enfin, ils feront partie du projet à plus long terme de coopération avec Colmar pour viser leur montée en D2. Nous avons également un accord avec Amnéville qui est déjà en D2 et que nous utiliserons au mieux. Le seul désavantage les concernant est la distance.

Il y a plusieurs nouveaux défenseurs très expérimentés.
Oui, je pense que cette grande expérience, surtout en SLM, est un atout très important pour un promu comme nous. Si tu prends une personne comme Hubert Genest, il était l’un des tous meilleurs défenseurs de Strasbourg et également un leader comme son rôle d’assistant-capitaine le prouve. Pour Andrey Esipov, son bagage parle pour lui. Il est peut-être moins rapide qu’avant, mais son départ de Bordeaux n’est pas un signe de baisse de niveau, mais plutôt une recherche chez eux de renouveler l’effectif. Nous avons fait de même de notre côté pour pouvoir intégrer d’autres profils recherchés dans le cadre de la construction d’une nouvelle équipe. Il me semblait important d’avoir des gens qui connaissent la Magnus sur ces postes comme Benoît Quessandrier qui était capitaine à Dijon, sans oublier nos anciens joueurs déjà leaders la saison passée.

Quand tu composes l’équipe, je suppose que tu as déjà des lignes en tête ?
Habituellement ce que je fais, je constitue des trios théoriques avec un centre, un ailier et un défenseur. Je tente de conserver ces trios. Ensuite je complète les lignes au fur et à mesure. Je sais comment je veux démarrer les lignes, mais je ne vais pas le dire de suite. Je sais aussi par expérience qu’il y aura des changements. Tu as bien sûr aussi besoin de modifier les lignes que ce soit pour monter le niveau d’une ou rééquilibrer les forces en fonction de l’état de forme de chacun. Le fait d’avoir des joueurs expérimentés m’aidera aussi à intégrer des joueurs moins expérimentés à ce niveau. 

Erwan Agostini sera avec toi sur le banc cette saison. Vous êtes-vous déjà réparti les rôles ?
Nous apprenons encore à nous connaitre, mais oui ce qui est sûr, c’est que les rôles entre nous seront clairement définis. Nous nous focaliserons chacun sur certaines phases de jeu, mais nous détaillerons cela plus tard. Par contre, ce qui est sûr, c’est qu’Erwan s’occupera des analyses vidéo, car c’est une de ses spécialités (il travaille comme coach vidéo en EDF U20, NDLR). La présence d’Erwan sera un vrai plus, car le hockey est un des sports dans lesquels tu dois prendre le plus de décisions au niveau du jeu. Il vaut mieux quatre yeux pour faire un minimum d’erreurs et observer un maximum. Ce n’est pas par hasard que les gros clubs scandinaves ou nord-américains travaillent avec trois ou quatre coaches.

Peut-on parler d’un objectif pour la saison 2017/2018 ?
C’est clairement le maintien. Moi j’ai une seule peur, c’est que nous tous, que ce soit au niveau du club, des supporters, ne nous rendions pas compte que la saison sera forcément difficile. Cependant, je suis aussi persuadé que nos joueurs sont tout à fait prêts pour cela. Nous allons devoir lutter pour survivre. Il faudra que tout le monde garde le même niveau d’énergie au cours de la saison quoi qu’il arrive. Il faut vraiment garder la tête sur les épaules, les pieds sur la terre et avancer pas à pas.

Avec des matches tous les deux, trois jours, le risque d’une épidémie de genre gastro est très sérieux, non ?
Oui, tu as raison. La récupération, la vigilance soin, la nourriture, la prévention sont des éléments critiques. Nous travaillons avec notre staff médical pour avoir une surveillance et présence maximale cette saison. Nous espérons également pouvoir créer des liens avec d’autres spécialistes en cas de besoin, car la réactivité et le temps de soin est très important avec ce rythme de matches.

Es-tu ravi de retrouver nos voisins Strasbourgeois et Spinaliens ?
Oui bien sûr, c'est toujours des matches spéciaux. On espérait même avoir six derbies à domicile, mais Dijon ne sera pas en Ligue Magnus. Néanmoins, Lyon et Grenoble ne sont pas trop loin non plus. À cela il faudra ajouter les matches de gala contre des grands clubs comme Gap, Rouen, ou Angers. C’est quand même mieux que la D1 dans ce domaine. Il y aura un piment supplémentaire, c’est évident.

Christer, quand on lit le CV de plusieurs nouveaux joueurs, on voit de belles qualités de leader. N’as-tu pas peur qu’il y en ait trop ?
J’aurai des discussions avec chacun d’eux sur ce point et pour la plupart ce sont des personnes que je connais bien. Je pense plutôt que ce soit une force. Je ne connais aucun de ces garçons qui ne soit pas suffisamment humble pour accepter son rôle. Cela s’applique aussi à nos joueurs actuels comme Hugues Cruchandeau ou Milan Jurik par exemple qui ont des rôles de capitaine et assistant aujourd’hui, ou Michal Seda et Jiri Blazek qui avaient aussi des rôles clés. En effet, dans les nouveaux, on a par exemple Yorick Treille qui a très longtemps été assistant dans plusieurs clubs, Kevin Bruijsten qui est capitaine de son équipe nationale, Benoît Quessandier, capitaine de Dijon, entre autres, c’est une belle liste. Néanmoins, prenons un exemple, Benoît Quessandier avait un rôle de parrain par rapport à beaucoup de jeunes dans l’équipe des Ducs. Ce sera différent chez nous et il sera peut-être de ce fait plus libéré. C’est un peu pareil pour Hubert Genest et Andrey Esipov.

Christer, pour finir, as-tu pu prendre des vacances et faire un break ?
Mais je suis en vacances ! (interview réalisée dans le vestiaire en plein travail, NDLR) Non, je n’ai pas réussi à faire un vrai break, car il y a tellement de choses à faire, donc je jongle au mieux.

Merci beaucoup Christer  ! Manu

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