Interview

A la rencontre de Yorick Treille

Bonjour Yorick, tu es né à Cannes. Étonnant pour un joueur de hockey !
Cela vient du côté de ma maman, alors que mon papa est grenoblois. Je n’ai jamais vécu à Cannes, mais je suis né en juillet, période à laquelle on passait souvent les vacances chez ma grand-mère. Je suis donc natif de Cannes, mais je vivais à Grenoble.

À 15 ans, tu pars déjà au Canada. Comment cela s’est-il fait ?
D’un côté, c’est quelque chose que je rêvais de faire et d’un autre côté, il y eu un gros coup de chance. Alors que j’étais en classe de troisième, un Canadien est venu jouer dans mon équipe de minimes. Son père était muté pour un an à Grenoble. On leur a demandé conseil et nous avons sympathisé durant cette année. Ils m’ont finalement proposé de rentrer au Canada avec eux. C’était évidemment très positif pour mes parents qui savaient du coup ou j’allais. Le but d’origine était d’apprendre l’anglais et de découvrir une nouvelle expérience de hockeyeur. Je suis donc parti avec l’idée de passer ma seconde à l’étranger. Tout s’est très bien passé et j’y suis resté pour la suite de mes études.

Tu as ensuite suivi la voie universitaire.
Oui, mes parents avaient toujours souhaité que je poursuive mes études. J’ai donc choisi la filière NCAA. Ensuite, j’ai été drafté par les Chicago Blackhawks. J’y ai signé un contrat NHL/AHL. J’ai alors joué pour l’équipe réserve de Chicago. J’ai évolué aux portes de la NHL dans un environnement très compétitif, mais tout cela reste une expérience très positive.

Tu as été l’un des pionniers sur le nouveau continent.
Oui, très peu de monde pour me guider au début. Il y avait Philippe Bozon et un peu plus tard Cristobal Huet. C’était un peu l’inconnue, mais très positif. J’ai vraiment découvert un milieu très pro avec de très belles infrastructures. On est très bien suivis.

Ton retour en Europe s’est fait en Suisse, à Genève-Servette.
C’était vraiment très intéressant. Le championnat suisse est très relevé et pour moi c’était presque comme être de retour à la maison. Après dix ans en Amérique du Nord, être à un peu plus d’une heure de route de Grenoble était parfait. J’ai retrouvé un milieu francophone, proche de la famille et des amis. J’ai pris beaucoup de plaisir pendant deux ans dans ce championnat avec en plus mes proches qui venaient voir les matches.

Par la suite, tu es parti en Allemagne et en République Tchèque.
À Ingolstadt, j’ai découvert un nouveau pays avec également un championnat de bon niveau. Malheureusement, je me suis blessé à l’épaule à la mi-saison et n’ai pas joué jusqu’à la fin de la saison. Je suis parti en République Tchèque où le jeu est un peu différent, un hockey des pays de l’est. J’y ai rencontré des gens très bien. Ma seule déception est d’avoir échoué pour le titre en finale avec Vítkovice. Au Sparta Prague, j’ai eu la chance de retrouver mon frère Sacha. C’est par chance que nous sommes retrouvés ensembles grâce à un ami qui nous a beaucoup aidés là-bas.

Ensuite, retour à la maison à Grenoble, puis Rouen où tu as retrouvé Sacha.
Oui, un retour aux sources en quelque sorte, bénéfique pour tous. Je me disais même que j’allais finir ma carrière là-bas, mais cela ne s’est pas fait comme cela. Quand je pars à Rouen, je ne pense pas que Sacha y sera également. Je connaissais très bien le nouveau coach, Fabrice Lhenry pour l’avoir côtoyé en équipe de France. Sacha venait d’avoir un enfant et du coup il souhaitait également revenir en France. On a très bien été accueillis et on a passé deux très belles saisons dont une lors de laquelle on a quasiment tout gagné.

Durant ta longue carrière, quels restent tes moments forts ?
Je crois que c’est un peu un tout, mais le titre de champion de France avec Rouen était très fort. Aussi le fait, avec les Dragons, de gagner la coupe de France, la coupe continentale et la Magnus étaient incroyable. Néanmoins ce que je retiens le plus, ce sont toutes ces rencontres au long de ma carrière, le fait de voyager, de rencontrer des gens différents, des expériences de partages, on retient plus cela que les victoires. C’est cela qui me pousse à continuer et à venir à Mulhouse pour y découvrir de nouvelles personnes, une nouvelle région.

Tu as également suivi toute la progression avec l’équipe de France.
Oui, j’ai dû faire dix-sept ou dix-huit saisons avec l’équipe nationale. Quand je suis arrivé, avec Laurent Meunier, Baptiste Amar, Vincent Bachet, on était les petits jeunes. On était dans le groupe A, mais dès notre première année, on est redescendus et on a connu quelques années délicates. On a gagné en Chine en 2007 pour retrouver l’élite lors du championnat du monde au Québec en 2008. Depuis, on s’est maintenu à ce niveau avec une progression constante. Au début, on ne jouait que le maintien et on savait qu’on ne pouvait pas battre les gros. Puis, on a commencé à y croire et à réaliser des exploits comme le premier en battant les Russes à Helsinki. Puis le Canada et cette année, la Finlande à Paris. Je suis confiant pour la suite. Des anciens vont partir, mais il y a une très belle relève.

Tu as vu beaucoup de championnats, que penses-tu de cette nouvelle SAXOPRINT Ligue Magnus ?
Je pense que l’augmentation du nombre de matches était un passage obligatoire pour se mettre au niveau des plus gros championnats européens. Je ne joue en France que depuis quatre ans, mais je vois une évolution constante. Le niveau se resserre et c’est très positif pour les joueurs et les spectateurs.

À trente-six ans, tu n’as plus rien à prouver ! Pourquoi venir à Mulhouse ?
Si, justement, à mon âge, j’ai besoin de me prouver que sportivement, je peux toujours apporter quelque chose. Je veux faire profiter de mon expérience, tirer tout le monde vers le haut, être performant à chaque match. Le challenge est vraiment beau pour moi avec une équipe qui monte. On ne nous attend pas, mais je crois vraiment qu’on a notre chance. J’ai eu d’autres contacts, mais le courant est très bien passé avec le staff. Je connais Christer depuis bien longtemps par le biais de l’équipe de France entre autres. Le discours du président m’a également convaincu de venir en Alsace. Je connais plusieurs joueurs qui m’ont dit du bien de ce club comme Raphaël Papa qui est mon beau-frère (le frère de Yorick est marié à la sœur de Raphaël, NDLR). Je connais également Sébastien Raibon, Benoit Quessandier, Maxime Suzzarini ainsi que des joueurs tchèques que j’ai côtoyés là-bas alors qu’ils étaient jeunes. J’ai vraiment l’impression qu’on aura un très bon groupe qui vivra bien. On est capable de faire quelque chose. 

Que connais-tu des Scorpions ?
Je suis un peu tout ce qui se passe dans le hockey, donc j’ai suivi l’évolution d’un club solide. Mulhouse mérite sa place en Magnus. J’ai joué à l’Illberg avec l‘équipe de France il y a quelques années. Raphaël m’a dit que le club était très pro et qu’on était très bien traité. J’ai vu également la salle de musculation, les appartements. C’est vraiment sympa.

Et la région ?
Je ne connais pas l’Alsace, mais je n’ai entendu que du positif. Je sais que c’est une belle région. Ce n’est pas pour cela qu’on choisit un club, mais c’est toujours un plus.

Tu profites encore de vacances ?
Oui c’est un mélange de vacances et de travail physique pour arriver au top début août. Je suis aux Etats-Unis avec ma famille, mon épouse est américaine. Je me réjouis de venir en Alsace début août !

Merci beaucoup Yorick et bienvenue en Alsace  !

 Manu

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