Entretien avec Jan Prochazka

A quelques heures du premier match

Bonjour Jan ! Dans quel état d’esprit abordes-tu cette nouvelle saison ?
Je suis très excité. Je suis dans cet état d’esprit depuis pas mal de temps, depuis le printemps en fait quand nous avons commencé à bâtir l’équipe 2016/2017. J’attends impatiemment le début du championnat. Je suis hyper motivé et plein d’espoir pour cette nouvelle page.

La préparation de cette saison a-t-elle été différente pour toi ?
Oui, absolument. Je peux comparer à l’an passé. Par exemple, cette semaine (la semaine dernière, NDLR), j’ai pu faire plein de choses pour l’équipe alors que l’an passé j’étais occupé à trouver un logement pour ma famille, m’installer, faire tous les papiers. Ce temps supplémentaire est un luxe. Une autre différence est que je connais maintenant la maison, le club, la structure, qui est qui et bien sûr une partie des joueurs. Je sais à qui demander quand j’ai un besoin et qui est responsable de quoi. Je connais aussi maintenant la D1 et les points forts des équipes, les coaches. Cela me permettra de mieux préparer les matchs. Je connais aussi mieux Christer et notre coopération est de ce fait plus riche. Depuis janvier, nous avions des idées sur ce que nous souhaitions améliorer et nous avons eu le temps de préparer cette saison. La saison passée, l’équipe était quasiment finalisée quand je suis arrivé. Je vais aussi pouvoir avoir un impact plus important sur la préparation physique des joueurs, que ce soit les anciens ou les nouveaux avec qui nous étions en contact depuis leur signature pour un programme détaillé.

Comment se passent les visites médicales et les tests physiques ?
Les visites médicales gérées par Marc de La Caffinière sont en cours. Les tests physiques se sont très bien déroulés. Le niveau physique des joueurs est très intéressant et significativement supérieur à l’an passé. Mes amis tchèques sont également plus impliqués et dès le début. Mon ami Michal par exemple est là depuis deux semaines. Nous avons maintenant plusieurs personnes (Nicolas Bruat, Michal Mirejovsky, Petr Urbanek, Jan Nemec, Josef Dusek et Andrew Silitoe, NDLR) qui nous aident ce qui nous permet d’adapter individuellement la préparation physique de chaque joueur, en fonction de ses forces et faiblesses.

Que penses-tu de l'équipe 2016-2017, sur le papier ?
Pour différentes raisons, nous avons changé plus de joueurs que nous le pensions initialement, mais en finalité, c’était peut-être le bon moment pour construire une nouvelle équipe. Nous avons pu conserver des joueurs importants sur la glace et aussi dans les vestiaires. Le fait d’avoir beaucoup de nouveaux représente des avantages et des désavantages. Christer et moi nous renseignons bien avant d’engager un joueur, mais il y a toujours un risque lié à l’acclimatation au pays, au style de jeu ou au groupe tout simplement. Certains joueurs découvrent l’Europe, d’autres la France, une nouvelle ville, un nouveau coach. Je ressens en tout cas plus de motivation et d’inspiration dans le vestiaire. C’est très visible.

Dans l’effectif, avez-vous essayé d’amener aussi du leadership ?
Oui, un joueur comme Hugues Cruchandeau devrait beaucoup amener dans ce domaine mais aussi Michal Seda que je connais très bien car j’ai joué avec lui en junior et qui est très expérimenté.
Nous avons un nouveau capitaine, Hugues Cruchandeau, et nous avons également nommé les assistants, Milan Jurik et Ruslan Borysenko. Cela a été annoncé aux joueurs. Pour le rôle de capitaine, je tiens à avoir un joueur français, car nous sommes en France. Ils ont tous des qualités de leader. De manière générale, nous avons plus de fortes personnalités. Comme annoncé à l’intersaison par Christer, nous avons voulu renforcer cela.
Nous avons aussi choisi un nouveau gardien qui a un profil différent de Mika. Il est plus grand, c’est bien de pouvoir disposer d’un éventail plus large et nous espérons que Jiri pourra nous aider à gagner des matchs clés. Mika a également encore progressé cet été lors d’un stage d’une semaine effectué par nos deux gardiens. Nous voulions aussi des joueurs offensifs capables de débloquer la situation comme, par exemple, les joueurs canadiens. La saison passée, nous étions une équipe offensive. Nous avons quasiment toujours plus tiré que nos adversaires, mais nous avons parfois manqué d’efficacité, surtout lors des matchs les plus importants.

La saison passée, le leitmotiv était d’avoir une équipe homogène.
Oui, c’est la philosophie de Christer et j’y adhère complètement. Pour moi, sur le papier l’équipe est encore plus homogène que l’an passé aussi bien au niveau technique que physique. Le niveau général me semble aussi un peu supérieur et je m’attends à une compétition interne qui devrait être saine.

Quand on bâtit une équipe, on a déjà un schéma en tête, des lignes ?
Oui, en tout cas on essaie ! Cependant, c’est aussi important quand on constitue une équipe d’avoir des joueurs pour tous les différents rôles. On ne peut pas uniquement avoir des gars qui veulent jouer les powerplay et marquer des buts. Il faut aussi des éléments qui se battent en penalty killing ou jouent en quatrième ligne, même si je ne parle pas vraiment de quatrième ligne en termes de niveau.

On voit également plus de nationalités différentes.
Oui, depuis décembre Christer et moi avons discuté de cela. Nous ressentions qu’il fallait plus diversifier afin d’éviter que des groupes ne se créent. Nous essayons par contre d’éviter que les joueurs ne se retrouvent trop seuls en faisant venir par exemple deux Canadiens. Nous faisons beaucoup de team building comme chez My Sporteezy ou avec le Régiment de marche du Tchad. Créer un esprit de groupe est l’objectif principal du mois d’août.

Es-tu satisfait du programme de présaison ?
Oui, il y aura une évolution progressive. Nous avons aussi réussi à démarrer une semaine plus tôt ce qui est très important surtout dans ce championnat qui compte peu de matchs. Nous jouons quasiment toutes les rencontres de préparation à domicile. C’est très bien pour nous, car cela réduit les déplacements et la fatigue. Nous allons uniquement en Suisse, toute proche. J’aime aussi les équipes que nous allons rencontrer. Je pense qu'elles seront de notre niveau, certaines avec un gros impact physique.

Nous sommes ravis de revoir Ruslan Borysenko, comment va-t-il ?
Pour l’instant, il va très bien et c’est vraiment le plus important. Tout le monde est enchanté de le revoir sur la glace. Lors des tests physiques, il était plus en forme que la saison passée. Ruslan est également une personne clé pour nous dans l’effectif et dans le vestiaire. Nous avons tout fait pour le conserver et il faudra juste être patient pour la reprise. Nous sommes confiants, car c’est un joueur très professionnel et intelligent. Il peut fortement aider les jeunes également. C’est vraiment une personne qui donne beaucoup à son club, c’est un modèle même s’il n’est pas le seul, bien sûr.

L’arrivée d’un nouveau gardien engendre-t-elle des adaptations au niveau de la préparation ?
Nous avons préparé son arrivée dès le début de l’été. Mika et Jiri ont effectué un stage en République Tchèque. Jiri vient d’ailleurs d’une ville toute proche du coach avec lequel ils se sont entraînés. Nous avons donc pu démarrer tout cela très tôt après la fin de la saison. Je suis sûr que nos deux gardiens seront prêts.

As-tu un objectif pour cette saison ?
Bien sûr. Je demande aussi à chaque joueur d’avoir un objectif personnel mais aussi un objectif plus collectif, pour l’équipe. De mon côté, je suis toujours optimiste. Notre objectif sera de gagner chaque match. Ce n’est que comme cela que de grandes choses peuvent arriver.

Un message pour les fans ?
J’ai envie de dire à tout le monde, aux supporters, au staff, au club, aux bénévoles : « Un pour tous, tous pour un ! ». Il faut fédérer tout le monde autour de cet objectif que ce soit dans les bons moments mais aussi dans les moments plus difficiles. Merci d’avance pour votre support.

Merci beaucoup Jan et nous te souhaitons une excellente saison.

Entretien avec Jan Prochazka

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